L’Union européenne réforme-t-elle le transport routier?


Patrick Ranocha est chauffeur de camion. En 20 ans, le Belge a parcouru une grande partie de l’Europe. Mais il admet que les conditions de travail se sont encore détériorées au fil du temps. « Beaucoup de camions, surtout avec les Orientaux. C’est voler notre pain. Nous n’avons pas autant de travail qu’auparavant« , s’excuse-t-il.

Patrick travaille pour une petite entreprise basée à Bruxelles, représentant une vingtaine de véhicules. Pour son employeur, la transition a eu lieu en 2004. Depuis l’élargissement de l’Union européenne à l’Est, de nombreuses entreprises peinent à rester compétitives. « Les conducteurs de l’Est (…) avec une main-d’œuvre moins chère ont créé une concurrence vraiment déloyale entre les transporteurs historiques en Belgique.« , explique le réalisateur Alain Adriaens.

Dans ce métier, le transporteur gagne en moyenne 3 500 euros par mois. Dans certains États membres, ce revenu peut être divisé en cinq. Ces conducteurs peuvent également passer des mois sur la route, principalement à l’ouest du continent. Leur camion devient leur maison et leur lieu de travail.

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Nouveau règlement négocié après 2017

Cette situation pourrait changer à l’avenir. Le Parlement européen devrait voter cette semaine sur la réforme du transport routier. Ce texte, également connu sous le nom de paquet mobilité, fait l’objet de négociations intensives depuis trois ans. Le document met en évidence deux visions. « États et parfois représentants favorables à une harmonisation sociale très exigeante, ambitions descendantes au niveau social, et États membres ou représentants plus favorables à la libéralisation des règles« a commenté Karima Delli du Parlement de l ‘Environnement, présidente de la commission des transports du Parlement européen.

Si ces nouvelles règles sont adoptées, il sera plus coûteux pour les conducteurs de travailler dans un autre État membre, car des salaires locaux devront être appliqués. Les camionneurs doivent rentrer chez eux toutes les quatre semaines. Ils ne peuvent pas non plus prendre leur temps de repos hebdomadaire dans le véhicule.

Les entreprises doivent également prouver une activité significative dans leur pays d’origine. Les camions doivent donc être restitués au siège toutes les huit semaines.

Plusieurs États membres ont accepté le texte. D’autres, au contraire, condamnent l’attaque du marché intérieur et la menace pesant sur les économies de certains États membres. « Le secteur des transports représente environ 6% du PIB de la Pologne et est clairement en baisse. Mais cela affectera non seulement l’économie polonaise, mais atteindra l’ensemble de l’économie européenne, car les transports seront plus chers« appelle la députée conservatrice Kosma Zlotowski.

Si elles sont adoptées, les mesures devront être mises en œuvre au cours des 18 prochains mois.

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