Promouvoir les artistes français à l’international: épousseter l’Institut français – 1er juillet 2020 – Le Journal des Arts


Monde. En 2019, l’Institut français (IF) a dépensé 1,3 million d’euros pour promouvoir la scène française à l’étranger par le biais d’expositions, de réunions de commissaires ou de participation à des événements internationaux. Et selon le Département du développement de l’art et de la coopération (DDCA), 450 artistes et professionnels ont reçu un soutien, ce qui à première vue semble positif. Mais cette information masque les différences et le manque de stratégie.

En effet, le budget 2019 comprend deux événements, la Biennale de Venise et la Biennale Africaine de la Photographie Bamako Meetings (Mali), qui se tiendront les années impaires: en 2018 et 2020 (prévision), ce budget tombera à 550.000 €. Venise et Bamako bénéficient ainsi de plus de la moitié du budget «art plastique» du DDCA. Ensuite, les montants alloués aux projets restent faibles, quelle que soit leur nature. de « 3000 à 8000 euros pour des projets en Europe et 5000 à 12000 euros en dehors de l’Europe », définit le DDCA. « À l’exception des programmes de résidence de l’Institut et de l’équipement pour les critiques d’art, qui prévoient des subventions directes aux artistes, les subventions seront versées aux partenaires, comme le rappelle Fabrice Rozié, directeur du DDCA, Galeries, musées et centres d’art en France ou à l’étranger, ainsi que les biennales mettant en œuvre ces projets, bénéficieront de notre soutien.  » Le programme «Monographie» permet ainsi aux lieux culturels étrangers de présenter une exposition personnelle d’un artiste français en collaboration avec une galerie (Laure Prouvost à Toronto, Christian Boltanski à Shanghai): c’est le principal système IF qui garantit une grande visibilité aux artistes.

Mais que couvrent les sommes allouées par la FI aux expositions? Transport et logistique, mais pas la production d’œuvres, ce qui oblige les porteurs de projets à lever des soutiens financiers. Le DDCA définit également ce « Réseau culturel [à l’étranger] peuvent contribuer au financement et à l’organisation de ces projets « . Ainsi, entre la faiblesse des fonds alloués et la diversité des dispositifs d’accompagnement, IF cherche à concentrer ses ressources sur la promotion de l’environnement opérationnel français, malgré son succès relatif. Parmi elles, les périodes culturelles au cours desquelles la France travaille avec le pays pour mettre en valeur ses scènes artistiques. En 2019, selon le DDCA, « France-Roumanie » a été l’occasion de présenter 169 artistes français et roumains. La commissaire indépendante Marianne Derrien souligne l’importance de ces saisons: Au cours de la période 2015-2016 «France-Corée», le projet comprenait des partenariats avec des entreprises et des universités. « 

Afrique et Arabie saoudite

Cependant, les saisons culturelles révèlent une vision qui dépend fortement des réseaux diplomatiques à l’étranger, comme l’a déjà déclaré la Cour en 2013. La stratégie française reste ainsi ancrée dans la définition datée de la diplomatie d’influence. C’est le continent de la DDCA, l’Afrique, qui a donné à l’Afrique trois ans de priorité, où la scène française a actuellement peu de chance de percer hors du Maghreb: la FI la soutient en plus des rencontres. Bamako, la Biennale de Dakar, deux événements économiquement vulnérables d’une importance particulière pour les artistes africains et les représentants de la diaspora. De même, note l’importance accordée à l’Arabie saoudite pour le développement des résidences d’artistes, comme l’explique Fanny Rolland, au sein du département des résidences de l’IF: « Nous accompagnons le réseau diplomatique étranger français dans la réalisation et la structuration de nouveaux projets de logements à travers le programme » La Fabrique des Résidences « . » Rappelons que la France n’a pas d’institut français en Arabie Saoudite et qu’il n’y a quasiment pas de marché de l’art: le choix de l’instrument financier semble être un choix dicté par la stratégie diplomatique et politique. Cependant, IF a quatre postes spécialisés dans l’art plastique à New York, Londres, Berlin et Pékin: « Nos experts suivent les développements et fournissent des informations, connaissent parfaitement les scènes locales et les institutions culturelles », dit Fabrice Rozié. L’outil promeut les artistes français dans les villes où le marché de l’art reste stable. Mais pourquoi ne pas généraliser ce type de «pôle d’expertise»? Le DDCA envisage ainsi une stratégie plus régionale sous sa supervision de l’Europe et du ministère des Affaires étrangères.

La question de l’évaluation de l’efficacité des systèmes demeure. En 2013, la Cour a proposé d’enquêter sur les événements médiatiques au niveau local. Selon Marie-Cécile Burnichon, directrice adjointe du DDCA « Six mois ou deux ans après le » Focusing Journey « (le lieu de la scène française pour les conservateurs étrangers) est une exposition d’un artiste français à l’étranger. » Cependant, l’exposition de Clément Cogitore à Bâle ou Buren en Australie a un impact plus difficile sur la carrière d’un artiste.

Le Cnap soutient les galeries françaises à l’international

Si l’Institut français n’intervient pas pour aider les galeries à présenter des artistes français à la foire, le Cnap (Centre National des Arts Plastiques, Ministère de la Culture) aura deux programmes distincts. Marc Vaudey, directeur du Département de la création artistique, déclare ceci«Lancé il y a deux ans, le programme soutient les galeries qui forment un partenariat avec une galerie étrangère. Jusqu’à présent, la galerie Georges-Philippe & Nathalie Vallois en a bénéficié. Un autre programme soutient les galeries dans les foires internationales, à condition qu’elles présentent au moins 50% d’artistes français ou fassent une exposition personnelle française.  » En 2019, près d’une trentaine de galeries ont pu participer aux importantes foires de la carrière de l’artiste à Frieze (Londres), Armory Show (New York) ou Art Brussels (Bruxelles). Le montant du soutien est passé à 137 000 euros en 2019. Le Cnap soutient également la mobilité internationale des artistes avec un total de 93 000 à 108 000 euros. Dans l’ensemble, les ressources sont limitées en raison de la grande taille du marché.

Olympe Lemut

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