Quand ISIS allait attaquer l’avion


Auteur: Jean-Pierre Stroobants

Publié hier à 15:33, mis à jour à 06:33

Il s’agissait de l’un des projets ambitieux les plus inquiétants de l’État islamique (EI). Une histoire sans frontières qui mène du Liban à l’Australie en passant par la Syrie. Il parle de colis postaux, de bombes en pièces détachées, de confiseries à distance commandées par un mystérieux ingénieur terroriste … Cible? Un avion d’Etihad Airways transportant environ 400 passagers.

La relation commence le 15 juillet 2017, lorsque l’Etat islamique a occupé une partie du territoire syrien, mais les experts du terrorisme n’ont jamais cessé d’en couper des parties, à leurs yeux des leçons très riches. Andrew Zammit, étudiant au doctorat en sciences politiques à l’Université Monash en Australie, pense que l’opération restera la même « La plus innovante de toutes les directions SI », comme il l’a décrit dans une longue étude en avril CTC Sentinel, publication de l’American Military Academy à West Point.

La gravité de cet épisode extraordinaire est considérée comme la gravité du djihadisme: Basil Hassan, un Libanais de 30 ans dont le surnom était « superviseur », se référant à son rôle d’organisateur des opérations extérieures de l’EI. Aux États-Unis, le Département d’État l’a placé sur la liste des «terroristes spécifiquement nommés» en 2016. Selon Jason Blazakis, un responsable américain de la lutte contre le terrorisme, Hassan est même « L’un des plus dangereux. »

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« Contrôleur » au travail

Au Danemark, une famille d’immigrants libanais nés au Danemark en 1987. Les services de renseignement danois ont repéré le jeune ingénieur alors qu’il commençait à travailler dans des cercles liés à Al-Qaïda. Il est notamment soupçonné d’avoir tenté d’assassiner en 2013 un journaliste et historien danois, Lars Hedegaard, connu pour condamner les atteintes à la liberté d’expression au nom de l’islam. Ce jour-là, l’arme du tueur s’est arrêtée alors qu’il se dirigeait vers la tête du polémiste. Il s’est échappé et a disparu dans le radar.

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Les unités danoises ont reçu leurs souhaits en avril 2014 après avoir entendu l’arrestation de Basil Hassan à Istanbul, en Turquie. Mais l’hypothèse de la reddition s’effondre rapidement. « L’inspecteur » trouvera bientôt en Syrie, des zones contrôlées par l’EI. Toutes les références montrent que les autorités d’Ankara, bien qu’elles l’aient nié, l’ont utilisé comme monnaie pour les otages turcs détenus par l’organisation.

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