Télétravail, livraisons … Nos mois limités nous permettent de répondre à ces enjeux climatiques clés


SCIENCE – Et si la crise actuelle nous donne les clés pour faire face à la crise future? Si la planète observe l’épidémie de Covid-19, le réchauffement climatique restera un défi plus difficile à surmonter.

Le coronavirus et nos réponses ont clairement eu un impact sur le climat, et nos émissions de gaz à effet de serre ont diminué à un rythme sans précédent. Cependant, cette baisse temporaire est loin, loin d’être insuffisante pour limiter le réchauffement à 1,5 ° C. Pire encore, la crise économique à venir pourrait compromettre ou retarder les investissements nécessaires au changement énergétique.

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Mais étrangement, il pourrait être bon d’apprendre de cette épidémie météorologique. Isoler et fermer le monde n’est pas durable à long terme, mais certaines de ses conséquences peuvent être, comme l’explosion du télétravail et du rapatriement. De tels changements sociaux profiteraient-ils au climat? Jusque-là, la question était assez théorique.

«En analysant ces mois d’accouchement, nous acquérons une excellente compréhension des compromis disponibles pour organiser l’économie dans le contexte du télétravail, du télé-achat, etc.», explique HuffPost Frédéric Ghersi, chercheur CNRS au Centre International de Recherche sur l’Environnement et le Développement. Et exactement, les premières données commencent à arriver.

Le télétravail est-il bon pour le climat?

La restriction a forcé de nombreux employeurs à travailler pendant de courtes périodes, mais dans certains emplois, le télétravail limité était possible. Logiquement, logiquement, avec toutes ces personnes qui ne bougent pas, l’empreinte carbone des transports diminue, ce qui équivaut à près de 40% des émissions de gaz à effet de serre en France.

Mais les choses ne sont pas si simples. «La grande question est: avons-nous perdu des économies d’échelle dans le chauffage, la climatisation, la bureautique et l’éclairage, voire dans la préparation des repas, ce qui compense les avantages du transport?», S’interroge Frédéric Ghersi. Car on pourrait dire que la concentration en entreprise permet de réduire la consommation d’énergie nécessaire aux opérations, tandis que le télétravail décompose la consommation dans chaque ménage.

Il faudra plusieurs mois pour obtenir les statistiques définitives, mais les premiers éléments commencent déjà à apparaître. Philippe Ciais, directeur de recherche au CEA, mène actuellement des recherches sur les réductions d’émissions de CO2 liées à la maternité. Ses recherches pourraient aider à répondre à cette question sur le télétravail.

Dans une étude relue dans la revue la nature et mis à disposition en ligne, un groupe international (dont Philippe Ciais) a déjà calculé la réduction des émissions de CO2 avec le CO2. Selon les dernières estimations, il serait de 8,5% au cours des 4 premiers mois de l’année, sera précisé HuffPost chercheur. Jamais vu. La baisse du transport routier en France à elle seule n’a été que de 19% en mars.

Chauffage qui n’augmente pas

Dans le même temps, Philippe Ciais et ses collègues posent à juste titre la question du revers possible de la pièce, qui concerne les émissions de dioxyde de carbone provenant du chauffage des particuliers. Leur travail n’est pas encore tout à fait définitif, mais les premiers éléments HuffPost entendre est très encourageant.

«Il n’y a pas de consommation excessive de gaz en France lors de l’accouchement», explique Philippe Ciais. En revanche, le chauffage dans les bâtiments industriels et publics a fortement diminué. Pour arriver à ce résultat (préliminaire encore), les chercheurs ont analysé les données de consommation journalière de gaz en France.

Puis ils ont comparé aux années précédentes, tout en corrigeant l’évolution de la température. Etape nécessaire car les émissions liées au chauffage sont très dépendantes de la météo, et si mars était assez froid, janvier et février étaient très (trop) doux. Une correction avec un modèle mathématique permet ainsi de voir l’évolution de la consommation de gaz par rapport aux années précédentes.

Ce travail est clairement préliminaire et partiel. «Cela ne peut pas être vérifié en chauffant au bois ou au mazout», explique-t-il. Nous devons également nous pencher sur l’évolution de la consommation d’électricité, car de nombreuses maisons ne sont pas chauffées au gaz.

livraison à domicile

Outre le télétravail, l’accouchement a également permis de tester à grande échelle un autre changement social: l’accouchement à domicile. L’impact climatique de ce mode de vie soulève également des questions. «Le télé-achat fait-il des bénéfices sur la base d’économies d’échelle en regroupant le transport de marchandises des magasins aux habitations? Le transporteur est-il aussi efficace que n’importe quel ménage de remplacement? Est-il vraiment possible que les marchandises des ménages les plus récemment livrés ne parcourent pas plus de kilomètres? Deuxième question: faisons-nous autant de courses en ligne que de courses au centre commercial? A demandé Frédéric Ghersi.

En effet, on peut dire que si tout le monde se faisait livrer les courses, il y aurait moins de trafic routier (et donc moins d’émissions) car le livreur suit un itinéraire optimisé avec de nombreux colis. Mais rien n’est moins sûr. Au contraire, la prolifération de différents débouchés peut conduire à la désintégration de ses achats. L’impact climatique des livraisons agressives et très rapides favorisées par Amazon sera également abordé.

À partir de ce moment, aucune information ne permet un instant de commencer la réponse. «Nous avons des informations sur le trafic mondial via GPS, comme TomTom ou Google Maps, mais c’est impossible car cela fait une différence entre le travail et le transport personnel», explique Philippe Ciais. « Google possède certainement ces informations », mais la question est de savoir si le géant les rendra disponibles.

Cependant, ces résultats seraient très utiles pour les décideurs publics. «Si l’on se rend compte que le télé-achat est trop fragmenté, le législateur pourrait intervenir pour forcer les plateformes de vente à mettre en place différentes logistiques», imagine Frédéric Ghersi.

Quels sont les impacts climatiques du coronavirus et du confinement? Il est beaucoup trop tôt pour le dire. Mais quel que soit le résultat global, cette période étrange et douloureuse pourrait au moins nous permettre de résoudre ces débats indispensables dans la lutte contre le réchauffement climatique.

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